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Une Histoire pour tous - Histoire de l'Antiquité à nos jours

Les principes fondamentaux de la SS selon son chef

13 Mars 2014 , Rédigé par Sebastien Thiriet Publié dans #Histoire Contemporaine

 

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La Schutzstaffel signifie « escadron de protection » et est reconnue comme une des principales organisations du régime nazi.

Fondée en 1925, initialement chargée de la protection rapprochée d'Adolf Hitler, la SS devint au fil des années un État dans l'État, accumulant les compétences et les missions et passant d'un groupuscule à une énorme organisation. Entièrement dévouée à Hitler, en 1935 elle est dirigée par Heinrich Himmler, suite à la démission de Heiden. Himmler est nommé le 6 janvier 1929 Reichsführer-SS20, à cette date, et malgré son titre, il ne dirige que 280 hommes avec lesquels il défile devant les dignitaires du parti à Berlin au printemps 1929. C'est désormais un proche d’Hitler qui le surnomme « le fidèle Heinrich » (der treue Heinrich) mais il reste un subalterne de Röhm, Chef suprême de la SA qui fait son retour en 1930. Le Führer lui ordonne de faire de la SS un corps d'élite de la SA, mais échappant au contrôle d'Ernst Röhm, qui devient encombrant à ses yeux.


 

Notamment dans son discours sur "L'organisation du combat antibolchévique", il  précise ainsi les valeurs que ses partisans doivent adopter ou bien favoriser, ce discours de portée publique s’adresse au peuple allemand en leur dévoilant les valeurs primordiales de la SS, et sa fonction au sein l’appareil nazi.

Himmler considère que les principes fondamentaux de l’Allemagne nazi demeurent à la fois la suprématie de la race et également l’établissement hiérarchique de cette dernière. Il expose simplement que l’apparence extérieure est le trait caractéristique de la pureté de la race. Il y relate comment il a exécuté ce procédé afin de sélectionné les membres de la SS. En s’appuyant sur ce concept de race il légitime les caractéristiques premières de ce « service de sécurité », nécessaires et communes à tous ses partisans.


En s’appuyant sur ce discours d’Himmler, prononcé en 1935, il est intéressant d’étudier les fondements de l’organisation SS dans son processus de développement fer de lance de l’idéologie nazi.

 

Dans un premier temps nous étudierons les valeurs fondamentales de la SS, puis nous détaillerons son rôle dans le développement de ces principes étendus au régime nazi associé à sa fonction initiale de sécurité du régime. N'oublions pas qu'avant d'être étendu à des effectifs très larges, ces mesures n'ont concernées qu'un groupe restreint, une élite de la S.A

 

 

 

 

Les valeurs de la SS 

 

Heinrich Himmler s’appuie sur la notion de hiérarchie des races afin d’imposer des caractéristiques physique strictes à la sélection des hommes engagés dans la SS. Ces caractéristiques concerne la taille et une apparence radicalement appropriée, ces détails sont pour lui un moyen de conserver une cohésion du groupe, un moyen de se rapprocher de la conception parfaite de la « race aryenne ».

Pour ce faire il développe l’idéologie « de l’homme nordique ».L’homme nordique est grand, blond, et a les yeux bleus. Ces caractéristiques physiques seront conservées dans l’engagement de la majorité des recrues de la SS après la nomination d’Himmler. Malgré un déficit du nombre d’engagé face aux hommes de la SA, Himmler entend continuer à s’appuyer sur ce principe pour la constitution des corps SS. L’analogie première de l’agriculteur cherchant à « recueillir les graines des meilleures plantes », indique le discours à double sens d’un chef cherchant à distinguer les troupes qui lui semble les plus solides, et d’un cultivateur cherchant à sélectionner les plants les plus vigoureux. Ce discours tente ainsi de convaincre du bon sens des préceptes qui y sont exposés.  

 

Le principe de Liberté s’apparente fortement à l’idéologie du Liebensraum, ou la conception d’un espace Vitale permettant aux travailleurs allemands – et a fortiori au peuple allemand – de se défaire de l’emprisonnement du traité de Versailles et de la notion de Diktat qui en a résulté. Cette idée de nations victorieuses imposant de nombreuses conditions aux anciennes institutions de la république de Weimar,  est toujours présente malgré l’accession au pouvoir d’Hitler en tant que Chancelier en 1933.

 Cette référence à « la liberté et à l’esprit combattant », est secondée par la propagande selon laquelle la nation allemande doit se défaire de ces liens par le combat et la guerre, et explique la notion d’esprit combattant.Discipliné et obéissant, le stéréotype accordé aux allemands en font des « bons guerriers ». En s’appuyant sur cette représentation de la puissance allemande il développe l’idée militariste d’un honneur retrouvé par l’ambition d’une Allemagne plus forte. Les formations paramilitaires sont l’avant-garde d’une idéologie principalement orienté sur la guerre. Le combat pour la nation, le dévouement envers le régime sont les principales qualités requises, ce qui destine la SS à être entièrement convaincue de son rôle de libératrice. L’esprit combattant devant se révéler principale dans le rôle qu’entend lui confié Himmler dans la poursuite de l’agrandissement démographique et qualitatif des officiers et membres de la SS.

 

Le troisième principe que l'on peut discerner est celui de « l’honneur et de la loyauté ».Toujours en s’appuyant sur un code très militarisé, Himmler développe les spécificités dont serait dotée la SS. Tout en répondant à la constitution de ces troupes, rappelons-le, « para militaire », il n’engage pas un discours axé sur la guerre « à tout prix », mais fait référence au caractère chevaleresque dont le IIIème Reich serait l’héritier. La conception mystique d’un Reich au service du clan, de la famille et du sang emprunte à l’idéologie d’un ordre sacré, où l’Ordre noir serait le descendant direct de l’ordre Teutonique. Ainsi les vertus d’Honneur et Loyauté, font originellement référence au serment prêté à l’intention de la personne du führer, mais aussi au fanatisme et à la conviction dont son pourvu tous les membres de la SS envers leur « guide ». Ces principes renforcent la légitimité du Chef, en la personne d’Adolf Hitler, et conforte la croyance en un être suprême, dont le charisme favorise d’autant l’adhésion.

 

 

Le respect de la hiérarchie, l’application de l’ordre, sont les critères indispensables du combattant chevronné. En appliquant à la lettre les directives Himmler entend orienter son discours sur une notion de « stabilité retrouvé », créant ainsi un contraste positif avec les troubles successifs de la prise de pouvoir de 1933, ainsi que le détachement de la SS envers la SA, qui entrainera la suppression de cette dernière. Il définit l’obéissance comme un principe à part entière, bien que cette notion d’obéissance soit le résultat des principes énoncés précédemment. En appuyant sur ce principe il sous-entend également que l’obéissance au Führer, passe avant le respect au Reich, d’où le serment des nouvelles recrues directement réalisé envers la personne d’Hitler, et non en sa qualité de Chancelier ou de représentant de l’Etat. Lorsqu'il est question de « passer à l’attaque même lorsque l’on pense du fond du cœur que l’on n’est pas cabale de le faire », Himmler sous-entend une dévotion proche du fanatisme. Il entend donner une idée précise du sacrifice dont la SS doit se charger. Les membres qui la composent ne soutiennent pas seulement l’idéal que prône le parti, elle doit savoir faire don de sa personne au sens propre du terme afin que le national-socialisme s’impose. En tant que chef de la SS il entend lui donner une portée doctrinale, capable de convertir les opposants au développement du nazisme par l’idée qu’ils se font de sa force autant que par sa puissance réelle.

 

 

 

 

Himmler Reichsführer-SS : Une « épée de jugement »  

 

 

Le maintien de la SS repose avant tout sur la répression ainsi que sur le développement stable et progressif de ses effectifs.

Il est question de ces faits lorsqu'il s'exprime : « ceux qui, de quelque façon que ce soit ont quelque chose à se reprocher vis-à-vis du Führer ou de la nation devraient nous craindre ». Il est clairement évoqué, dans un passage suivant que la SS a été construite dans l’intention de « régler leur compte à ces gens ».

 

Bien que limitée dans son développement par Hitler qui voit en ce corps d’Elite une éventuelle menace (voir l'exemple de la S.A) s’il venait à se développer fortement, et paradoxalement ayant le désir de voir les ambitions de la Wehrmacht et de ses généraux limitées, le führer va progressivement accordé de plus importantes responsabilité à son Reichsführer SS, en lui accordant tout à la fois la direction de la Gestapo, par l’entremise de Göring, et l’établissement de divisions, non plus seulement paramilitaire, mais fortement militarisées.

 

La menace bolchévique, et la lutte face à la croissance communiste après la révolte spartakiste de 1919, est l’aspect fondamental de la légitimité nazi. C’est dans ce contexte de lutte permanente face aux idéaux marxistes et à « l’ennemi venu de l’est » que s’oriente les premiers discours radicaux, à l’origine du parti. Ces notions développées durant la montée en puissance de la NSDAP sont d’autant plus présentes lors de son établissement en tant que régime gouvernemental de l’Allemagne, et l’accession d’Hitler à la chancellerie.

Le discours radical se métamorphose peu à peu en véritable épreuve de force où l’antisémitisme et la suppression bolchévique sont les piliers d’un essor des plans de purge du régime et de combats à la fois intérieur et extérieur au Reich. Ce combat prend la forme d’une lutte perpétuelle, où le judaïsme et la communauté juive est stigmatisé comme la principale entité responsable de la décadence de l’Allemagne. Associé à l’opposition naturelle qu’incarne le bolchévisme, cette association judéo-bolchévique est d’après Himmler, l’origine de tous les maux. Ainsi il entend que la SS représente l’arme capable de lutter contre ces communautés.Au gré du discours il menace les éventuels réprobateur ou opposant que le jour « où elles tenteront la moindre action, que cela se produise aujourd’hui, dans quelques années, dans des décennies ou dans les siècles à venir ».

 

La sécurité intérieure est la principale orientation de l’organisation. Dans cette fonction elle relève du Service de Sécurité, et assure la pérennité du Reich. Elle s’applique à la suppression des opposants par divers moyens : Condamnations,arrestations et déportations.

De ce fait bien qu’ayant des responsabilités proches de services déjà existant, ou bien s’appropriant des charges déjà désigner à d’autres institutions, la SS entend s’associer à la police d’Etat, et plus précisément la Gestapo, afin d’assurer la sécurité intérieure en Allemagne. Elle officie non pas dans l’aspect légal d’une police mais entend lutter contre les oppositions politiques et les conjurés afin de devenir un outil de stabilité indispensable. En 1933-1934, le chef des SS Himmler assure le contrôle SS sur un système de camp de concentration centralisée.

Dans toute l'Allemagne, diverses autorités civiles et les services de police avaient établi des camps de concentration pendant l'année 1933 pour incarcérer des ennemis politiques du gouvernement nazi. Impressionné par le camp de concentration de Dachau établie par les SS en Mars 1933, Hitler autorise Himmler de centraliser ces camps sous la direction de SS. Himmler établie (dans le bureau principal SS) une inspection SS des camps de concentration sous la direction du commandant du camp de Dachau et le général SS Theodor Eicke.

Dès l’année 1934, les officiers SS dirigeaient un large réseau de camps de concentration en Allemagne. Une unité spéciale fût investie du rôle de surveiller et gérer les camps, cette unité s’appelait « SS tête de mort » (SS-Totenkopfverbande).

 

C’est en 1934 qu’Himmler se voit accordé la responsabilité de prendre la tête tout à la fois de la SS, mais aussi des services secrets du Reich, ce qu’il voit lui-même comme un outil de répression et de propagande très étendue et très influent. Bien que Göring en garde officiellement la tête.

C’est dans ce contexte qu’il organise, appuyé par Heydrich et Müller, l’organisation complémentaire des services de la garde rapprochée du Führer et de la Gestapo. Cette dernière a pour mission de lutter sur le terrain de l’espionnage et de supprimer les opposants politiques intérieurs mais aussi extérieurs. L’orientation de la SS selon Himmler n’est donc plus seulement de représenter la garde du führer, ni même d’assister les forces de polices de la Gestapo, mais bien de devenir une entité guerrière à part entière, capable de dépasser la Wehrmacht dans la notion de « grandeur du Reich ».

Cette idéologie est clairement évoquée lorsqu'il s'exprime en ces termes : « nous remplirons impitoyablement notre tâche de garants de la sécurité intérieure de l’Allemagne ». Quant à la comparaison avec l’armée régulière que représente la Wehrmacht, elle intervient aux lignes 30-31, lorsqu’il parle de la SS dont la nature est « comme la Wehrmacht, [qui] garantit la sécurité de l’honneur, de la grandeur et de la paix du Reich ».

   

 

En conclusion, alors qu’Himmler n’était le représentant que d’une organisation insignifiante du régime nazi, il a dès le départ orienté la Schutzstaffel dans l’intention de s’imposer sur le terrain de l’idéologie. En s’appuyant fortement sur les théories de races, sur les doctrines militaires et sur le combat interne face aux bolchévismes tout en laissant à la Wehrmacht le combat externe face aux politiques étrangères, il a favorisé l’expansion de cette troupe, au point que son développement lui permette de devenir la principale organisation remplaçante de la SA. En 1934 et après la suppression des sections d’assaut, la SS devient le fer de lance du régime à la fois dans l’appareil idéologique nazi pour ses dirigeants, mais également aux yeux du Führer lui-même.

 

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Les propos tenus dans cette étude ne sont pas la représentation directe de la pensée de son auteur, ils visent à exposer un fait historique, de façon scientifique, en s'appuyant sur des sources fiables, et en exerçant un discours de présentation raisonné.

 

Bibliographie

 

 

Ouvrages Généraux 

 

- BERNSTEIN Serge, MILZA Pierre, Histoire du XXe siècle Tome 1: la fin du monde européen, éditions Hatier, Paris, 1996.

 

- KINDER Hermann HILGEMANN Werner, Atlas historique, éditions Stock, Paris, 1968.

 

- SPEER Albert, Au cœur du Troisième Reich, éditions Fayard, Paris, 2011

 

 

 

  Ouvrages Spécialisés 

 

- LELEU Jean-Luc, La Waffen-SS : Soldats politiques en guerre, éditions Perrin, Paris, 2007.

 

- DELARUE Jacques, Histoire de la Gestapo, éditions Fayard, Paris, 1996

 

- CALIC Edouard, Himmler et l'Empire SS, éditions Nouveau Monde, Paris, 2009.

 

- LONGERICH Peter, Himmler, éditions Héloïse d’Ormesson, Paris, 2010.

 

 

 

© Droits d'Auteur: Sébastien Thiriet

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