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Une Histoire pour tous - Histoire de l'Antiquité à nos jours

La fonction de l'Oppidum : une fortification aux airs de Palais Celtique.

10 Mars 2014 , Rédigé par Sebastien Thiriet Publié dans #Histoire de l'Antiquité

 

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  Conséquence directe de la popularité de son ouvrage, Commentaires de la Guerre des Gaules, Jules César impose la notion que nous avons encore aujourd'hui sur l'oppidum. En s'appuyant très largement sur les descriptions qu'il fait des populations Helvètes et de plusieurs autres tribus, la compréhension du terme Oppidum s'assimile très vite à une forteresse, centre politique d'une population, véritable place-forte culturelle et militaire de la tribu dont il est le pivot de la vie sociale.
Est-ce que tous ces détails seraient erronés ? Absolument pas ! L'oppidum est cependant à distinguer du Castellum, et le castellum de la civitates. Alors comment distinguer les notions qui définissent et différencient ces rassemblements urbains. Le Castellum, contrairement à l'évolution du terme, serait plus favorablement ce que nous considérons aujourd'hui comme un village, ne dépassant pas une certaine quantité démographique. La civitates, d'influence respectivement grecque puis romaine, est une conséquence directe de l'évolution de ces cultures sur le bassin méditerranéen, et de leur exportation via les marchands, négociants et explorateurs de ces mêmes cultures.
Alors qu'est-ce qui distingue l'oppidum des autres complexes urbains ? Dans un premier temps, l'aire territoriale sur laquelle il s'étend, définit selon les régions d'Europe Occidentale ou Centrale de 15 ha à plus d'une centaine. Ensuite il est généralement entouré, et non pas "défendu" par une enceinte qui peut aller jusqu'à plusieurs kilomètres, de 600m à 7km pour les sites référencés.

Le tracé tient compte du relief, mais peut être continu s'il se situe en plaine. Compte tenu de la précision précédente, il n'est plus question de considérer un oppidum, uniquement dans la considération que les infrastructures se situent sur des élévations.

Détails importants, l'enceinte, et les fortifications - qui ne sont pas seulement des éléments défensifs, bien qu'ils puissent servir à une amélioration des techniques militaires, et impose des capacités de siège de la part de l'assaillant en cas d'offensive - doit être réalisé à partir de techniques de parement, de poutrages internes et la disposition d'une rampe arrière. Les portes sont formées d'ailes rentrantes encore appelées "portes en tenaille". Enfin la datation doit être de La Tène finale (IIe - Ier siècle av. J.-C.) ou de la fin de l'ère Hallstattienne, selon les zones concernées et les fouilles opérées.

 

Alors si la fonction première n'est pas défensive, quelle est-elle ? Deux réponses intimement liées en ce qui concerne la culture celte : un intérêt cultuel et sociale. Lieu centrale d'une administration, l'oppidum doit non pas constituer une forteresse, mais représenter une forteresse. La nuance est grande, l'intérêt n'est donc plus seulement et prioritairement d'être un lieu de refuge, mais bien d'incarner le centre du pouvoir local. Cette interprétation s'applique notamment sur des sites tel que le Fossé des Pandours au col de Saverne dans le Bas-Rhin, en effet ce dernier présente sur son mur d'enceinte des précautions esthétiques des parements de pierre (dans la taille de ces derniers) qui s'opèrent au dépend de la qualité défensive des fortifications. Qu'en déduit-on ? La priorité de l'édifice n'est pas de constituer un lieu imprenable, mais bien d'exposer, tant à la population à laquelle appartient l'oppidum, qu'aux étrangers de passages, l'étendue de la puissance du pouvoir locale.

D'un point de vue cultuel ces oppida peuvent revétir la particularité de pérenniser un lieu de culte, de protéger un emplacement sacré inamovible.

 

(à compléter)

 

 

© Droits d'Auteur: Sébastien Thiriet

Merci de préserver les droits liés à ce document et de n'effectuer une copie, ou une citation de l'article qu'avec l'approbation de son auteur.

 

 

Bibliographie :

- FICHTL Stephan, La ville celtique : Les oppida de 150 av. J.-C. à 15 av. J.-C., éd. Errance, Paris, 2000

 

Illustration :

Angelique Colté (voir son site : http://www.angeliquecolte.com)

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Dumont 22/02/2015 22:54

Bonjour,
On parle rarement d'oppidum pour la fin de l'ère hallstattienne...

Dumont 23/02/2015 12:51

Oui, je suis d'accord avec l'interprétation de la principale fonction d'un oppidum.
Sur le fond, je signale quand même que S.Fichtl n'inclut pas dans sa définition d'un oppidum la possibilité d'un rempart type de Fécamp, alors que dans sa liste de fin de livre il en cite au moins deux (Fécamp et Liercourt-Erondelle).
Sur la forme, il vaut mieux écrire la "civitas".:)

Sebastien Thiriet 23/02/2015 12:09

J'en conviens et comme vous l'avez exprimé, il s'agit d'une appréciation de l'auteur. Le terme ne doit pas être inscrit au rang des oppida présent durant l'ère Laténienne. Effectivement les sources romaines l'emploient dans des sens précisément flous et assez différenciés, ce qui ne nous permet pas d'être certain de son appréciation antique.

Agglomérations en hauteur et/ou fortifiée parait un terme assez peu convaincant, vous en conviendrez certainement, même si il s'agirait d'être large afin de ne pas tomber dans une appellation faussée.
Mais je le répète, il s'agit d'une datation dans mon texte, où l'ensemble de l'oppidum n'est pas forcément concerné... il s'agit de discerner plusieurs époques d'occupation du même site, qu'il s'agisse de le déterminer comme un oppidum ou non.

Mais votre rappel est le bienvenu, merci de votre commentaire, j'espère que la lecture de cet article à compléter vous a convenu tout de même.
Bien cordialement.

Dumont 23/02/2015 10:07

Bonjour,
Il s'agit d'une question de terminologie qui est assez secondaire, mais S.Fichtl, qui est assez strict sur la définition d'un oppidum, ne considère ce terme que pour l'époque de La Tène finale (voir p.19 de l'édition 2005).
Cela peut s'expliquer à mon avis par le fait que :
- l'expression "civilisation des oppida" s'est imposée pour cette période. L'utilisation du terme oppidum pour des agglomérations antérieures peut donc prêter à confusion,
- le terme n'a été utilisé que tardivement par les Romains (on n'a pas d'idée du terme qu'ils utilisaient à la fin de l'ère hallstattienne), si tant est qu'il y en ait eu un.

Pour les agglomérations antérieures, on utilise généralement le terme d'agglomération en hauteur, ou fortifiée en hauteur si c'est le cas.
Bien cordialement.

Sebastien Thiriet 23/02/2015 07:51

Bonjour, si vous relisez, il s'agit d'une datation, et les informations rassemblées ne sont pas le fait de ma propre interprétation, mais le fruit d'un travail de recherche rassemblée dans l'ouvrage de Stephan Fichtl.
Cependant, parfois faute d'un terme plus approprié, il faut s'appuyer sur ce que nous connaissons déjà. Si je vous avez parlé d'une petite place d'agglomération en hauteur, vous m'auriez répondu qu'il s'agissait d'un Oppidum.
Bien cordialement.

P.S : Parfois il faut savoir s'élever.

hokbras 26/01/2015 16:14

Merci vous confirmez ce que je pensais sur l' oppidum du Huelgoat

Sebastien Thiriet 28/01/2015 10:33

La présentation est à compléter mais je suis déjà heureux d'avoir pu confirmer vos idées portant sur le site d'Huelgoat