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Une Histoire pour tous - Histoire de l'Antiquité à nos jours

Histoire des mots : "Le bouc émissaire"

16 Juillet 2017 , Rédigé par Sebastien Thiriet Publié dans #Antiquité, #Histoire de l'Antiquité, #Archéologie

Histoire des mots : "Le bouc émissaire"

La langue évolue et avec elle le sens que l'on donne à notre capacité à nous exprimer. Les citations, les proverbes, font à ce titre parti de notre patrimoine culturel commun. Ils nous permettent par l'association d'idée, d'images, de degrés divers et variés, de représenter à nos semblables des expressions, parfois de suggérer des émotions.


"Le bouc émissaire"

Origine : Une des origines de cette expression pourrait semblerait-il provenir de l'époque Hellenistique, soit de l'Antiquité. Le terme pharmakos (en grec ancien : φαρμακός, celui qu'on immole en expiation des fautes d'un autre) désignait alors la victime expiatoire des rites sacrificielles de purification.Ces sociétés tournées sur le rite sacrificatoire, selon l'importance du sacrifice, la nature temporelle et contextuelle, concernait alors plusieurs types d'animaux. A l'époque classique, le même terme prend le sens de "malfaiteur", son emploi ce tourne sur une personne, parfois revêtue de vêtements sacrés, ou un animal choisi et traîné hors de la cité, afin de combattre une calamité ou de conjurer un sort, d'incliner le sens caché des dieux, en tout cas de chercher à les apaiser. Cette victime sacrificielle, innocente en elle-même, était censée, comme le bouc émissaire hébreu, se charger de tous les maux de la cité.

Dans le sens que l'on peut donner à la naissance de cette expression, on peut également en suivre l'étymologie dans traduction grecque de « bouc à Azazel », qui désigne alors un bouc portant sur lui tous les péchés d'Israël. Si la tradition rabbinique conçoit Azazel comme une vallée désertique hostile, les auteurs de la Septante lisent ez ozel (« bouc en partance ») qu'ils traduisent en grec ancien par ἀποπομπαῖος τράγος / apopompaîos trágos, rendu en latin par caper emissarius. Toutefois et bien que l'expression « bouc émissaire », fût très employée au sein de la littérature de la culture judéo-chrétienne, il est important de souligner qu'elle n'apparaît qu'une unique fois dans le Lévitique, 16, 20 : 22.

 

כ וְכִלָּה מִכַּפֵּר אֶת-הַקֹּדֶשׁ, וְאֶת-אֹהֶל מוֹעֵד וְאֶת-הַמִּזְבֵּחַ; וְהִקְרִיב, אֶת-הַשָּׂעִיר הֶחָי.

20 Quand il aura achevé de purifier le sanctuaire, la Tente d’assignation et l’autel, il fera amener le bouc vivant.

כא וְסָמַךְ אַהֲרֹן אֶת-שְׁתֵּי יָדָו, עַל רֹאשׁ הַשָּׂעִיר הַחַי, וְהִתְוַדָּה עָלָיו אֶת-כָּל-עֲו‍ֹנֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאֶת-כָּל-פִּשְׁעֵיהֶם לְכָל-חַטֹּאתָם; וְנָתַן אֹתָם עַל-רֹאשׁ הַשָּׂעִיר, וְשִׁלַּח בְּיַד-אִישׁ עִתִּי הַמִּדְבָּרָה.21 Aaron appuiera ses deux mains sur la tête du bouc vivant ; confessera, dans cette posture, toutes les iniquités des enfants d’Israël, toutes leurs offenses et tous leurs péchés, et, les ayant ainsi fait passer sur la tête du bouc, l’enverra, sous la conduite d’un exprès, dans le désert.
כב וְנָשָׂא הַשָּׂעִיר עָלָיו אֶת-כָּל-עֲו‍ֹנֹתָם, אֶל-אֶרֶץ גְּזֵרָה; וְשִׁלַּח אֶת-הַשָּׂעִיר, בַּמִּדְבָּר.22 Et le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une contrée solitaire, et on lâchera le bouc dans ce désert.

Traduction : Site Mechon Mamre

Ainsi l'expression revêt de nos jours ce caractère particulier d'une entité morale qui relève du fardeau d'être la victime innocente d'autrui. Elle apparaît comme émissaire puisque elle est délégué contre son gré à cette tâche d'être ainsi la victime expiatoire de la faute de ce qui l'en ont rendu tristement responsable.

Sens actuel : Un bouc émissaire est une entité, une personne, un groupe désigné comme responsable d'une faute, ou d'un acte reconnu comme telle, dont il est partiellement ou totalement innocent. Les sujets propres à la désignation d'un bouc émissaire sont multiples, aussi le contexte de son attribution peut aussi bien être intragroupal qu'intergroupal, désigné au sein d'un même groupe l'entité qui endosse le fardeau de la faute, ou bien désigné un autre groupe comme étant responsable des fautes du groupe accusateur. Exutoire, moyen de pression, harcèlement moral, les raisons peuvent être multiples, mais le bouc émissaire reste l'accusé contre son gré.Il ne faut pas perdre de vue que l'entité rendu responsable par cette désignation ne se perçoit pas comme tel, mais suscite concomitamment des souteneurs et des contestataires de l'accusation.

 

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