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Une Histoire pour tous - Histoire de l'Antiquité à nos jours

La colonie antique

14 Mai 2016 , Rédigé par Sebastien Thiriet Publié dans #Antiquité, #Histoire de l'Antiquité

LA COLONIE

Qu’est-ce qu’une colonie ?

Une colonie est une cité d’implantation nouvelle sur un territoire donné - souvent provincial - cette dernière répond avant toute chose à l’accueil de colons dans un nouveau siège urbain afin de faciliter de multiples façons l’établissement de la nouvelle population, voire l’absorption de celle autochtone déjà sur place (promotion juridique ou social d’une classe donnée de la population, pro-colonisateur).

La colonie doit être comprise comme un "patchwork" de populations, et non comme un tout composé uniquement de colons. Elle n’est parfois peuplée à ce titre que d’un corps réduit de délégués administratifs qui prennent en charge le développement d’un cadre institutionnel, pour sa part complétement dirigé par le système étatique générateur du phénomène colonial. Les administrateurs sont alors représentatifs de cette partie de la population dénommés comme étant des colons, et ont pour vocation de susciter, provoquer, guider « l’absorption culturelle » de la population autochtone en favorisant par leur pratique, coutume, tradition, et automatisme (matériel ou psychologique) un phénomène de rapprochement et d’exportation culturelle.

Comment reconnaît-on les vecteurs de son implantation ?

La colonisation se perçoit selon plusieurs vecteurs de développement, quelle que soit la forme étatique à l’initiative de sa mise en place :

  • La colonie n’est pas simplement peuplée d’une seule catégorie de population, de vétérans, de pérégrins, de marchands ou de colons civils, il faut la percevoir comme la réunion de communautés et individus nouvellement implantés ou anciennement résidents, rassemblés dans le cadre d’un nouvel aménagement administratif. Le sens originel de la colonisation répond directement à l’impératif d’occupation du sol, et concrétise le bénéfice de la conquête par l’annexion du territoire sur lequel elle est entreprise. La cité telle que son statut la définit implique des notions institutionnelles, et désigne au premier chef une communauté autonome de citoyens.
  • La colonie peut s’implanter de deux manières : soit par création d’une nouvelle cité, soit par métamorphose administrative d’un cadre urbain préalablement existant.
  • Elle peut répondre au besoin de « contrôler » la province, ou bien au besoin de contrôler directement son territoire et de le répartir différemment (afin de répondre à de nouveaux impératifs).
  • La colonisation engendre un phénomène « vitrine » de la culture, puisque objet d’exposition du nouveau pouvoir, c’est à la fois par ces signes reconnaissables qu’elle s’identifie, mais aussi qu’elle provoque un phénomène coercitif de transformation culturelle pour la population préalablement habitante.
  • La colonie peut également répondre à d’autres motivations comme : l’implantation militaire ; la déduction d’une cité sur un territoire à convertir ; l’installation d’un foyer culturel nouveau au sein d’une province ; la résonance d’un facteur de déplacement d’une population répondant principalement à des nécessités sociales ; une implantation à caractère commerciale (dans ce cadre il peut s'agir en tout premier lieu de l'établissement d'un comptoir) ; une appropriation d’une entité territoriale ; une matérialisation de la victoire etc.

On le voit la colonie est ainsi liée aux différentes étapes de son établissement qui la fixe clairement dans l’environnement qu’elle entend occupée : d’abord la déduction ou la fixation du territoire sous contrôle de la colonie ; la cadastration puis l’établissement de la communauté coloniale : militaire, aristocratique, etc. ; enfin l’incorporation ou le déplacement des populations préalablement établies sur le territoire d’implantation. S’ensuivent les étapes de dénomination de la colonie, la rédaction du cadre institutionnel de la colonie, la réalisation des attributions économiques et administratives propres à la cité selon une échelle provinciale.

Existe-t-il une hiérarchisation du type coloniale ? Peut-on différencier les résonances que cela implique sur le cadre de sa fixation, de son développement ?

Oui il existe une hiérarchisation coloniale dont la définition tient au cadre mis en place par le colonisateur : on y perçoit une forme graduelle « d’importance » accordée à la colonie. Cette importance repose principalement sur des questions d’emplacement, de richesse du sol, de situation géographique en terme de géopolitique ; elle peut aussi faire l’objet d’un cadre spécifique de par une situation politique particulière : alliance, rattachement, soutien, ou au contraire être l’objet de mesures singulières punitives et privatrices : rébellion, émeute, rivalité, vassalité.

Exemple :

Dans l’implantation romaine il y a une échelle d’importance des colonies selon le droit juridique qui leur a été accordé, selon les éléments cités ci-dessus. La colonie répond alors à un « droit » particulier qui lui accorde plus ou moins de privilèges à titre public, de cité (territoire accordé, mur d’enceinte conservé, mesure commerciale et taxation routière, etc.) ; qu’à titre privé en terme de citoyen, ou pour mieux dire d’habitants de la cité (droits et devoirs devant une cour pénale, privilèges commerciaux, recensement, droit de vote etc.). A savoir que ces derniers ne sont pas forcément des colons, et que chacun répond à des droits spécifiques en dehors du cadre accordé à la cité (les habitants ont leur droit propre, la cité conditionne celui de son vivier de « citoyens »).

Ainsi la colonie de droit romain donne un droit plénipotentiaire au citoyen résident (préalablement romain ou non) et reconnu comme tel à travers tout l’empire ; la colonie de droit latin ne donne que de privilèges réduits par rapport à celle de droit romain, mais est toujours plus avantagée qu’une cité lambda de l’empire. Ces droits s’accordent aux colonies selon les facteurs précédemment évoqués.

Bibliographie :

  • Mossé C., 1970, p. 38-57. La thalassocratie crétoise suivie de l’entreprise coloniale phénicienne.

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